Le Japon, l'Empire du Bout du Monde,
Le Pays où le Soleil se LèveLes pouvoirs de l'Empereur remontent à 700 ans avant J.C. par filiation avec la Déesse Solaire, ce qui donne aux Empereurs ce besoin de rayonnement aux travers des arts, de la beauté et d'un besoin de perfection absolue.
![]() |
| Collection Creezy Courtoy |
![]() | |
| Lance Parfum, Collection Creezy Courtoy |
L'Empire du Bout du Monde, le Pays où le Soleil se Lève
C'est ainsi qu'on appelait autrefois cette poignée d'îles, à la civilisation particulière, même si à certaines époques, elle a subi l'influence des marchands chinois, coréens et indiens.
Le Japon n'est pas un grand producteur de parfum, on y trouve de l'olivier odorant, de la badiane et du camphre, ainsi que des bois aromatiques (jinko) que l'on brûle dans les temples et les maisons. L'aloès le musc, le santal, la girofle et l'encens sont importés de Chine, à prix forts et en grande quantité.
L'art du Japon a constamment transformé les apports de l'Occident pour atteindre des formes d'une simplicité épurée. Il s'intègre dans la nature, mais ne s'y impose pas.
![]() |
| Collection Creezy Courtoy |
Grâce à cet amour de la nature, le Japon possède une culture du parfum ancestrale et raffinée.
Le goût pour les parfums est tel que non seulement leur usage se rencontre dans tous les domaines de la vie courante, mais leur connaissance, leur appréciation même a été considérée durant de longs siècles comme une expression majeure de la sensibilité et du raffinement.
Épris d'une profonde religiosité, le japonais peut adhérer simultanément au bouddhisme, au shintoïsme et au christianisme.
Cette vénération absolue de la nature alliée à la sublimation du concept de la beauté permettent au parfum d'associer le plaisir physique au mysticisme le plus pur.
![]() | |
| Coffret de Mariage, XIXème, Collection Creezy Courtoy |
Les objets du parfum.
![]() |
| Boîtes à fards XIXème Collection Creezy Courtoy |
Importés au Japon à l'époque de Nara[1] et repris des laques chinoises T'ang, l'art de la laque se développe fortement et tous les récipients les plus raffinés sont des objets de laque, mais aussi les boîtes à fards et à onguents, les coffrets de mariage ou les " inro ".
![]() |
| Collection Creezy Courtoy |
Grâce à la dynastie chinoise T'ang, le Japon découvre également la cérémonie du thé.
L’encens sert aussi à mesurer le temps grâce à de véritables horloges à parfum (ko-dokei), coffres en bois munis de fentes régulières. Selon l’ouverture par laquelle sortait la fumée, on déduit le temps écoulé depuis l’allumage de l’encens.
A la disparition de cette dynastie, le Japon développe ses caractéristiques propres, avec, pour commencer la création d'un alphabet nippon et l'art de la calligraphie
A la cour impériale de Heian[2], les fragrances sont des plus prisées. Et même si, par tradition au Japon, le parfum (kaori) ne s'applique pas directement sur le corps, il accompagne tous les gestes quotidiens. Des sachets d'arômes ou d'épices (nioi-bukooro) parfument les kimonos quand ceux-ci ne sont pas serrés dans des tiroirs parfumés au musc (jyako), des fumigations odorantes embaument les paravents et les éventails, et des brûle-parfums purifient l'air des temples et des demeures privées.
![]() | ||
| Brûle parfum KOU-RO. Collection Creezy Courtoy |
Les pommades parfumées (nioi-abra) et les poudres à dent (hami-gaki) sont également fort prisées.
L’encens est aussi utilisé pour parfumer les cheveux. La tête est posée sur un appuie-tête rigide, percé de trous.
Il contient un brûle parfum qui embaume les cheveux pendant le sommeil.
Le choix et la préparation des parfums sont considérés comme un des passe-temps favoris des gens de la cour. Cet art de la parfumerie possède ses conventions et ses experts.
![]() |
| Jeu du Ko-Do, Collection Creezy Courtoy |
Les jeux de parfums. L’encens (Ko) est associé aux pratiques religieuses mais entre également à celles de jeux sous la forme du "Ko-Do" ou "Voie de l'encens".
D'un rituel similaire à celui de la cérémonie du thé, le "Ko-Do" est un jeu qui développe "l’art d’écouter".
Il se joue de différentes façons:
Le "Ko-Awase" consiste à reconnaître les différentes senteurs et variétés d'encens brûlées au cours de la partie. Le meneur de jeu pose sur des feuilles de mica, dans des vasques contenant de la braise chaude de minuscules copeaux de bois parfumés. Les joueurs doivent deviner les senteurs correspondantes en glissant dans des enveloppes de soie des jetons correspondant à la substance qui exhale le parfum.
Le "Kumi-Ko" permet d'exprimer des sensations perçues sous forme de poèmes.
Le "Genji-Ko" fait travailler l'âme du joueur. Celui-ci écoute le parfum de l'encens avec l'oreille de l'esprit et dessine les traits du Yi-ching. Chaque trait correspond à un parfum.
![]() |
| Inro et netsuke XIXème, Collection Creezy Courtoy |
Kamakura et la caste des samourais.
A l'époque de Kamakura[3], l'Empereur transfère la cour à Kyoto et nomme Minamoto Yoritomo général en chef (shôgun). Ce premier shôgun s'installe à Kamakura[4] et institue la caste des samouraïs.
Cette caste militaire donnera naissance à un art pratique, éthique, basé sur le bouddhisme zen et voulant se rapprocher du peuple (bushidô ou voie du guerrier). Lorsqu'ils partent pour la guerre, les généraux imprègnent leur cuirasse de parfums précieux et les samouraïs portent à la taille, dans des "inro" de laque, des remèdes aromatiques: des grains de musc et des copeaux de bois d'agar.
![]() |
| Rare brûle parfums XIX ème Collection Creezy Courtoy |
L'influence chinoise à l'époque Ming.
En 1404, les contacts avec la Chine reprennent grâce à l'influence des Ming au goût noble et raffiné.
L'élan culturel développe le théâtre Nô, les créations de bouquets de fleurs (ikebana) et la cérémonie du thé redonnent le goût de la vie et des parfums.
Grâce à Senno Rikyo[5] les cérémonies du thé et du parfum deviennent si importantes qu'elles impliquent la construction de jardins particuliers.
![]() | ||
| Boîtes à fards en laque XIXème |
Durant les règnes suivants et jusque 1867, cette opposition de culture impériale et d'aristocratie militaire donne naissance à une culture populaire et à l'apparition du quartier des plaisirs (le yoshiwara). Constitué de maisons de thé et de maisons closes, mais surtout de lieux où des femmes cultivées et raffinées, à la conversation agréable (geishas) sont les maîtresses du bon goût en matière de plaisirs, de musique, de cultures et de parfums.
Le japonais est très propre, il se baigne jusqu’à quatre fois par jour en hiver. Dans les salles de bains la baignoire et le petit mobilier, parfois même les revêtements des murs et du sol sont taillés dans du bois de Chamaecyparis (hi no ki), qui dégage un parfum subtil au contact de l’eau chaude.
![]() |
| Collection Creezy Courtoy |
Les japonaises se fardent de blanc, de vert pâle pour creuser le visage ou en masquer les imperfections, et d’un peu de rouge sur les lèvres.
Le goût du parfum et des cosmétiques restera vivace en raison de la modernité et du renversement des Shogun.
![]() |
| Boîte Satsuma avec décor intérieur, Collection Creezy Courtoy |
Le parfum entre également dans la science médicale. De nombreux ouvrages parlent des vertus curatives, préventives des clous de girofle, du gardénia (kuchinashi), du pin ou des fleurs de lys (yuri) et des propriétés des plantes tinctoriales: l’indigo pour éloigner les serpents, la fleur de carthame (beni-bana) ou la racine de grémil (murasaki) pour éloigner les insectes.













Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire