Le XVIIème siècle
est le siècle des senteurs fortes. Le manque d'hygiène et le manque de confort ne prédisposent pas aux
odeurs légères. L'ambre, le musc
et la civette dominent le monde olfactif du XVIIème siècle. Et lorsqu'ils
sont accompagnés de senteurs végétales, ils donnent naissance aux parfums les plus
tenaces: le jasmin, la fleur d'oranger, la rose ou la tubéreuse.
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| Flacon Perrot, Cristallerie d'Orléans XVIIeme, Collection Creezy Courtoy |
Les parfums ont la faveur à la Cour de Louis XIII, sous l'influence de la belle Anne d'Autriche. D'origine espagnole, elle emmène avec elle la tradition des peaux parfumées et toute la science de la culture des fleurs et de la distillation dont l'Espagne avait hérité des Arabes pendant le Califat de Cordoue.
A son décès, elle en laissera pas moins de 347 paires dont la moitié en "peau d'Espagne", tous parfumés de senteurs différentes.
Ancien Consulat indépendant allié des Républiques de Gênes et de Pise, de 1176 à 1224, la ville de Grasse, située entre la Méditerranée et les Alpes du Sud est une cité marchande très active dans l'industrie de la tannerie. Les tanneurs grassois éprouvent rapidement un réel intérêt pour cette
nouvelle idée qui permet d'annihiler l'odeur pestilentielle du cuir.
Au début, les essences pour parfumer les gants sont importées de
Montpellier qui était spécialisée dans la culture de fleurs et de plantes
aromatiques. L'université de Montpellier enseignait aux pharmaciens l'art de conserver les odeurs. Celles-ci étaient utilisées pour protéger des maladies contagieuses et des épidémies.
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| "Le Parfumeur Royal", Barbe, 1699 Collection Creezy Courtoy |
La lavande, la limette, la marjolaine, l'aspic ou lavandula spira, la jonquille, le cassie, le géranium, le jasmin, le néroli, l'origan, le petit grain, le romarin, la rose, la violette, le serpolet, le thym et la tubéreuse complèteront ses productions pour satisfaire à l'engouement des cuirs parfumés.
Favorisé par le microclimat, le succès des récoltes de fleurs permettra à Grasse d'associer les tanneries prospères depuis plusieurs siècles aux techniques de distillation mises au point par les Arabes pour la production de parfums, puis de se concentrer exclusivement à la production de parfums.
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| Premiers tri de la vanille aux Iles Comores, archive Chiris |
Lorsque Louis XIII, introduit le titre de "Maître Gantier-Parfumeur" et un véritable corps de métier en 1614, avec des statuts approuvés par le Parlement de Provence en 1729, cette nouvelle corporation se détache progressivement de la tannerie qui s’arrêtera définitivement en 1759.
A la fin du XVIIIème siècle, Grasse possède une vingtaine de parfumeurs importants, Fargeon, Chiris, Artaud, Tombarelli...
Beaucoup de parfumeurs grassois sont fils ou neveux d'apothicaires issus de Montpellier.
A la veille de la Révolution, Grasse supplante définitivement Montpellier par son commerce des matières premières venues d'Italie et du monde méditerranéen, ses vastes cultures florales et l'intallation des usines et des réseaux commerciaux implantés dans toute l'Europe.
Les conquêtes coloniales de la France au XIXème siècle permettront aux parfumeurs grassois d'ouvrir des usines dans ces colonies pour y installer des plantations et y traiter les matières aromatiques.
Beaucoup de parfumeurs grassois sont fils ou neveux d'apothicaires issus de Montpellier.
A la veille de la Révolution, Grasse supplante définitivement Montpellier par son commerce des matières premières venues d'Italie et du monde méditerranéen, ses vastes cultures florales et l'intallation des usines et des réseaux commerciaux implantés dans toute l'Europe.
Les conquêtes coloniales de la France au XIXème siècle permettront aux parfumeurs grassois d'ouvrir des usines dans ces colonies pour y installer des plantations et y traiter les matières aromatiques.
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| Usine Chiris à Boufarik (Algérie) XIXème, archives Chiris |












